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Pensées nocturnes

On m’a appris à l’école que nous vivons dans un état providence. C’est-à-dire une conception de l’État où celui-ci étend son champ d’intervention et de régulation dans les domaines économiques et sociaux. L’état a mis en place toutes sortes de mécanismes pour y parvenir comme la sécurité sociale, l’éducation obligatoire et toutes les lois et règles qui régissent notre société. Je suis admiratif de l’histoire de notre pays quand je vois le chemin démocratique que nous avons parcouru mais je ne peux m’empêcher de constater que notre société actuelle dysfonctionne et est au bord du chaos.

Avant de proposer des solutions, je vais développer le constat. On parle sans cesse de « réformes structurelles », sensées changer les choses en profondeur… Mais ces réformes sont tellement amendées qu’elles finissent par devenir de petites mesurettes qui, au final, ne changent pas grand chose. J’ai parfois l’impression que c’est presque vécu comme une fatalité de la part de nos politiques qui se réfugient derrière notre système de coalitions. Alors que tout le monde sait ce qu’il faut faire pour survivre au long terme ; améliorer l’éducation, réduire notre empreinte écologique, investir dans les technologies du futur, etc…

Soyons de bons comptes, nous, les citoyens, somment tout autant en faute. Si plus aucun textile n’est produit en Belgique, c’est parce-que nous voulons toujours acheter plus de fringues, toujours moins cher! Nous consommons sans nous soucier de quoi que ce soit. On mène notre petite vie métro-boulot-dodo sans se poser la question de ce que nous apportons à la société. Ce qu’il faut c’est un vrai électrochoc sociétal. Reformater notre façon de penser, changer le paradigme.

Selon moi, il y a un outil particulièrement efficace pour diriger la pensée collective, la fiscalité. En effet, quand on touche au porte-feuille des gens, tout est beaucoup plus clair et authentique. Je trouve que le chemin fiscal que nous menons n’est pas le bon. Je pense que nous devrions intégrer dans l’équation là où on veut mener la société. L’impôt des personnes physiques par exemple, ne prends pas du tout en compte ce que votre travail apporte à la société. Idem pour la TVA, vous payez la même pour un pain bio d’artisan local que pour un pain Polonais surgelé et réchauffé en supermarché. Je pose la question : est-ce qu’on trouve cela normal?

Si on veut des profs hautement qualifiés pour nos bambins, il suffit de rendre le métier attractif. Si on veut promouvoir l’écologie et le commerce local, il faut pousser les gens à le faire via des incitants financiers. Et d’un autre côté, il faut sanctionner financièrement les comportements malveillants – ce qui est nocif pour notre société – comme les pollueurs et les spéculateurs. Alors bon, j’imagine que dit comme cela, certains imaginent une pluricratie de bien-penseurs écologistes, mais ne vous emballez pas. Selon moi ces changements doivent être minimes mais mesurés. Je donne un exemple concret pour le tri des déchets en ville. Imaginez qu’au bout de chaque rue il y ait un mini parc à déchets où les voisins peuvent trier la grosse majorité de leurs déchets gratuitement, et à côté de cela un sac unique pour le non-triable à un prix progressif (plus on en consomme sur un court laps de temps, plus il est cher). Imaginez toutes les mécaniques qui se mettraient en place…

D’un côté pour les citoyens, ils pourront désormais sortir la majorité de leurs déchets quand ils le veulent. Ils n’auraient plus qu’un sac chez eux, car trier c’est bien mais il faut encore avoir la place d’entreposer les sacs chez soi (en ville). En plus une sorte de contrôle social se mettra automatiquement en place dans la mini déchetterie, vous n’oseriez pas le dépôt illégal devant vos voisins. Alors que chez vous, personne n’est la pour voir que vous mettez un pot de peinture dans le sac blanc. Ce sera également moins cher pour la collecte et l’argent économisé de la collecte et obtenu des sacs pourrait servir à traiter les sacs de non-triable. Bref, tout le monde y trouverait son compte.

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